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DE LA LITURGIE ECOSSAISE.

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On s'occupe beaucoup pour le moment, en Angleterre, de la question liturgique. Les évêques de la Grande-Bretagne engagent ceux d'Ecosse à abandonner une liturgie qu'ils possèdent depuis deux siècles, et à adopter le Prayer Book, purement et simplement. Le motif qu'ils mettent en avant est l'unité, ils voudraient que l'Eglise du royaume-uni, fût liée par des liens plus étroits.

· La liturgie écossaise a des défenseurs zélés qui affirment que les diversités liturgiques entre les Eglises ne nuisent point à l'unité; que l'on a tort de confondre, comme on le fait à Rome, l'unité avec l'uniformité; que la liturgie écossaise est préférable à la liturgie anglicane, parce que, dans les points sur lesquels elle diffère avec cette dernière, elle est plus conforme aux anciennes liturgies de l'Orient.

« Nous n'avons point à intervenir dans une discussion de ce genre, et les évêques d'Angleterre et d'Ecosse sont plus à même que nous de la connaître et de la résoudre d'une manière convenable. Qu'il nous soit permis cependant de dire

que les diversités liturgiques sont plus conformes à la véritable unité que l'uniformité des rites. Ou le comprit dès l'origine des Eglises. Aussi voyonsnous les différentes Eglises jouir, dans les premiers siècles, de liturgies diverses. Jérusalem n'avait pas la même qu'Alexandrie, qui différait elle-même avec Rome. Césarée eut aussi la sienne, qui fut modifiée et abrégée par Constantinople. On possède encore une partie de ces vénérables liturgies qui, diverses dans la forme, sont unies dans la Foi, et qui fournissent ainsi un des arguments les plus décisifs en faveur de la catholicité de la croyance. Or, l'unité consiste dans la foie une et universelle. La preuve de cette unité catholique résultant surtout de la diversité des formes liturgiques, c'est pour cela que nous disons

que

cette diversité est plus utile à l'unité que cette uniformité que l'on confond à tort avec elle.

* Autant la primitive Eglise tenait à l'unité de foi dans les choses révélées, autant elle tenait à la diversité dans les institutions humaines et purement disciplinaires. Nous rappellerons à ce sujet l'enseignement de quelques-uns des Pères de l'Eglise.

‘Saint Jérôme, répondant à Licinius, qui lui avait demandé s'il fallait jeûner le samedi, et si l'on devait recevoir tous les jours l’Eucharistie suivant la pratique de l'Eglise romaine et des Eglises d'Espagne, se contente de lui dire qu'il faut observer les traditions ecclésiastiques qui ne nuisent point à la foi, comme on les a reçues de ses pères ; que la coutume des uns ne détruit pas

la coutume contraire des autres ; que chaque province doit suivre son usage, et considérer les ordonnances de ses ancêtres comme des lois apostoliques.

Saint Augustin, répondant au prêtre Cassianus, qui l'avait interrogé s'il était permis de jeûner le jour du sabbat, soutient que dans les choses touchant lesquelles les saintes Ecritures n'établissent rien de certain, la coutume du peuple de Dieu et les règlemens de nos ancêtres doivent tenir lieu de loi.

* Après avoir établi ce principe, le saint docteur réfute la dissertation du prêtre de Rome touchant le jeûne du sabbat, et le blâme fort de ce qu'en voulant défendre l'usage de l'Eglise romaine, il n'a pas craint de déchirer presque toute l'Eglise par des paroles très-injurieuses. 'll répond ensuite aux convenances que ce prêtre avait alléguées pour justifier le jeûne du samedi; puis il ajoute : “ Puisque nous ne trouvons pas clairement, comme je l'ai déjà remarqué, qu'il y ait dans les évangiles, ni dans les actes des apôtres, des jours commandés pour le jeûne, cette chose doit être comme plusieurs autres, dont il serait difficile de faire l'énumération, et être mise du nombre des variétés qui se trouvent dans le vêtenient de la fille du roi, c'est à-dire, de l'Eglise : je vais à ce sujet vous apprendre ce que le vénérable Ambroise, évêque de Milan,

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qui m'avait baptisé, me répondit

, quand je l'interrogeai sur cette question. Ma mère étant à Milan, et désirant savoir si elle devait jeûner le samedi, selon la coutume de son Eglise, ou dîner suivant l'usage de celle de Milan, j'interrogeai cet homme de Dieu pour la délivrer de ce scrupule. Il me répondit : “ Que puis-je vous enseigner autre chose que ce que je fais ?Je crus que, par cette réponse, il nous ordonnait de dîner le samedi, parce que je savais qu'il le faisait ; mais il ajouta : “ Quand je suis ici je ne jeûne pas le samedi ; et quand je suis à Rome je jeûne en ce jour; faites de même ; et DANS QUELQUE EGLISE QUE VOUS VOUS TROUVIEZ, SUIVEZ SA COUTUME, SI VOUS VOULEZ NE PAS DONNER OU SOUFFRIR DE SCANDALE."

Saint Augustin, apôtre d'Angleterre, avait écrit à saint Grégoire qu'il était surprenant que la foi étant une, les coutumes de l'Eglise fussent si différentes, et que les Eglises des Gaules ne s'accordaient pas avec celle de Rome, même dans les cérémonies de la messe.

Rien n'est plus judicieux que la réponse de saint Grégoire. Il ne répond pas que les Eglises des Gaules font mal de ne pas suivre les coutumes de l'Eglise de Rome, et qu'Augustin doit embrasser celles-ci et les prescrire en Angleterre ; il conseille au contraire à Augustin de choisir et d'établir dans l'Eglise d’Angleterre ce qu'il trouvera de meilleur dans les coutumes de l'Eglise gallicane et des autres Eglises. “Nous ne devons pas, lui fait observer ce grand pape, aimer les choses parce qu'elles viennent de tel pays, mais nous devons préférer les contrées à cause des bons usages que nous y trourons. Ainsi recueillez tout ce qu'il y a de pieux, de religieux et de juste dans les différentes Eglises particulières, et formez-en le Code coutumier que vous donnerez à l'Eglise d'Angleterre."

D'après cet enseignement, on comprend que le motif d'unité allégué pur l'abandon de la liturgie écossaise n'a pas toute la force qu'on semblerait lui attribuer.

'Il nous semble qu'il y a deux principes fondamentaux que l'on doit suivre lorsqu'il s'agit de l'union des Eglises : le premier, c'est que sur tous les points de la doctrine révélée, apostolique, il doit y avoir union complète, absolue ; le second, c'est que chaque Eglise particulière a droit à son autonomie ; qu'elle peut, par ses évêques légitimes, qui sont ses ministres, se donner des institutions disciplinaires qui lui soient propres, pourvu que dans ces institutions il n'y ait rien de contraire à celles qui viennent de Jésus-Christ ou de ses apôtres, aux règles fondamentales admises par toutes les Eglises apostoliques. Telles formes liturgiques, par exemple, qui conviennent au caractère de telle ou telle nation, peuvent ne pas convenir au caractère de telle autre. Pourquoi s'exposer à donner atteinte au sentiment religieux lui-même, en le revêtant de formes qui sont en contradiction avec le caractère national ? Rome ne veut pas comprendre. Elle a vonlu que la liturgie romaine fût établie en France. Qu'en est-il résulté ? C'est qu'elle a détruit à peu près le peu de religion qui existait encore dans notre pays. Le fidèle peu instruit a été froissé dans ses habitudes religieuses par l'introduction de nouveaux ritrs; il a pensé que l'on changeait la religion elle-même ; les nouveaux rites né répondaient plus à ses habitudes religieuses, il s'est dit que puisque des hommes changeaient la religion, il pouvait bien s'en faire une à sa guise et même n'en point avoir.

Il ne faut toucher aux formes admises depuis longtemps qu'avec une extrême précaution, dans la crainte d'arriver à des résultats si déplorables. Tous les fidèles ne sont pas théologiens ; ils sont plus religieux par sentiment que par raisonnement; et il n'en pourra jamais être autrement, car quel que soit le zèle einployé pour propager l'instruction, la masse, préoccupée de mille autres choses, sera toujours un terrain ingrat et peu productif. Quant à l'autre question, c'est-à-dire la plus grande conformité de la liturgie écossaise avec les anciennes liturgies de l'Orient, elle est incontestable. Nous n'en citerons

C'est là ce que

qu'un exemple : l'invocation du Saint-Esprit après les paroles de l'institution eucharistique.

• Dans la liturgie anglicane, cette invocation n'existe pas. Elle n'est, comme on sait, qu’un abrégé de l'Ordinaire de la messe suivi dans toutes les églises du rit latin; mais, en abrégeant cet Ordinaire, on en a supprimé, nous ne dirons pas l'invocation, qui n'y existe pas, à proprement parler, mais ce qui peut en être considéré comme l'équivalent.

'La liturgie écossaise est donc de beaucoup préférable à la liturgie anglicane sous ce rapport.

‘Les défenseurs de la liturgie écossaise, entre autres le révérend Forbes, affirment que c'est principalement à cause de sa trop grande conformité avec les anciennes liturgies que l'on voudrait la supprimer, et que l'on agit ainsi sous la pression d'une tendance protestante. Au lieu d'obéir à cette tendance, le docte ecclésiastique voudrait que l'on enrichît la liturgie de son Eglise de prières nouvelles empruntées aux anciennes liturgies et particulièrement à celle de saint Jacques. Nous ne pouvons qu’applaudir à ses travaux. Nous l'avons dit déjà : l'Eglise anglicane à sauvé d'excellentes choses du grand naufrage du seizième siècle, mais elle en a laissé périr plusieurs qu'il serait de son devoir de rétablir pour se trouver en unité parfaite avec toutes les Eglises apostoliques. De savants et pieux ecclésiastiques la poussent dans cette voie, et nous espérons que leurs efforts seront enfin couronnés de succès. Ils ont devant eux deux adversaires : le papisme et le protestantisme. Mais le premier sombre dans l'abîme qu'il a creusé, et le second s’annihile dans le rationalisme. Il n'y a plus de refuge assuré pour les vrais chrétiens que dans le catholicisme véritable

, c'est-à-dire dans la doctrine primitive conservée par toutes les Eglises apostoliques. C'est là seulement que l'on trouve l'unité sans l'uniformité ; la foi solide avec la légitime liberté pour ce qui est d'opinion.

“L'ABBÉ GUETTÉE."

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Art. X.-1. Tracts for Priests and people. Nos. I.—XIII.

London: Macmillan & Co. 1862. 2. The Pentateuch and Book of Joshua critically examined. By

the Right Rev. JOHN WILLIAM COLENSO, D.D. Bishop of Natal. London : Longman, Green Longman, Roberts,

& Green. 1862. We are glad to learn, on the authority of one of these ` Tracts for Priests and People' (No. VI. p. 29), that Tertullian’s treatise De Præscriptionibus Hæreticorum is said to be used by some of our bishops in their examinations for orders.' We wish it were more commonly used, and that the colleagues of the writer of the tract could be induced to read it, and consider it to more purpose than Mr. Maurice appears to have done. The value of the treatise is very great, and perhaps there is no other work of the early Christian writers that would give more information as to the mode in which controversy was met, and heretics were dealt with, in the first ages of the Church. It is, moreover, especially useful in the present day, when the grand principle of Protestantism, viz. individual appeal to Scripture, is breaking down. People are beginning at last to find out that the legitimate consequence of this principle is the abolition of all creeds as tests of Church membership, except, indeed, such as are couched in the ipsissima verba of Holy Scripture. The Tracts for the Times, now more than thirty years ago, taught Churchmen, after an interval of a century and a half of apathy, to think for themselves on the position of the Church in reference to Holy Scripture; and during the latter half of that period, the views of students of theology have been gradually clearing themselves ; and whilst the so-called Evangelical party has absorbed into its numbers the mass of people who are unable to think, or unwilling to give themselves the trouble of determining disputed matters for themselves, the thoughtful have been, not as might have been expected, approximating to an agreement on the points at issue between Catholicism and Protestantism, but diverging more widely as the subject became more intelligible. To a superficial observer, there may appear to be more agreement between the different parties in the Church; and some may, perhaps, even now be inclined to think that this result is, in point of fact, taking place, and that it is but the natural consequence of things when an earnest faith and an intellectual habit of mind are brought to the discussion of controverted questions.

For ourselves, we must admit that we have no such favourable NO. CXIX.-N.S.

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estimate of the present, or glowing anticipations for the future. Whilst the Sixth Article of Religion exists in its present state there will always be an apparent standing-ground for that party whose latest and most legitimate development has been the volume of Essays and Reviews.' The most extreme opinion as regards this point, that has as yet found utterance, is contained in Mr. Jowett's affirmation, that the Nicene definition was a great misfortune to Christendom. On the principles of Protestantism it ought to be declared the greatest misfortune that has ever befallen Christendom, and the next step ought to be an attack on all creeds and statements of a dogmatic character, conveyed in language differing by a hair's-breadth from that of Scripture. The Apostles' Creed need not be objected to as far as the facts are concerned ; but, to be consistent, it will be expedient to expunge from it the doctrine of the Resurrection of the Body, and then there will be no difficulty in the way of admitting into our fellowship those who disbelieve in the eternity of the Son of God, the distinct personality of the Holy Ghost, the one baptism for the remission of sins, provided only they believe in the fundamental principles of natural religion, the Unity of the Godhead, the facts of the life of our Blessed Lord, and the existence of a Church which He founded. As yet, however, our latitudinarian party have not ventured so far. The furthest statement in this direction has been that of Professor Jowett, and even he has somewhat startled his party by this announcement. Some of them, from reasons of policy, and more, probably, from mere inability to see in what direction they are drifting, content themselves with attacks upon the Athanasian Creed. And perhaps there is no ground so assailable as this; the Church party being obliged in this instance to abandon the strong ground which they hold as regards the Nicene Creed, that it has always been from the fourth century the Creed of the Universal Church. It is not pretended that the Athanasian Creed has been received beyond the limits of the Western Church. It descends to us, therefore, as an inheritance in common with much that we have disavowed and repudiated —and the damnatory clauses are much more easily attacked than defended upon any principles that would appeal to the sense of the nation at large. It may be said, indeed, that the dislike of the Athanasian Creed is of older date than the time of which we are speaking-and, no doubt, this is true. But we are speaking now only of those definite objections which have taken their rise in a period of intellectual activity, and not of those vague and indefinite dislikes which were scarcely real enough to find either utterance or response. We have nothing now to do with the times when the reading of the

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