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vented ? and why is there an alms-box for the reception of offerings to defray the expenses connected with the chapel ? No religious services are now performed in it. Very probably this most unchristian cultus is a relic of some old pagan custom, which has become incorporated into the religion of the people, a religion handed down with little change from one generation to another.'

Statements very similar to those made by the person who has charge of the chapel, we also had from other inhabitants of Tréguier ; and we very much fear they are a matter of historical truth. But let us turn away from this subject.

We should have been glad to have given additional extracts from different parts of this fine poem, but space forbids. 'Le Pardon,' 'Les Conscrits,' ' Les Lutteurs,' • Les Noces,' are all particularly good. One short passage, we however must give from Les Noces,' which forms the conclusion of the poem. Any one who has visited Brittany, must have been struck by the swarms of importunate beggars met everywhere. But the Breton creed is that of Madame de Chantal. The Bretons are most kind to the poor, and will, with her, look beyond the miserable, and, perhaps, repulsive object that solicits alms, and share her faith and love, and say, I do not see them, but Jesus Christ in them.' Brizeux thus speaks of the ceremonies which take place, and of the treat given to the poor, on the occasion of a marriage :

Moi-même j'arrive au terme de ma route,
Long chemin qu’un plus fort eût trouvé court sans doûte,
Mais ronces et graviers entravaient tant mes pas,
Que souvent je disais : Je n'arriverai pas !
Seule alors vous m'aidiez, ô Puissance cachée !
Humble force du ceur qu'en parlant j'ai cherchée !
Et vous, l’Inspirateur, mon Dieu, je vous bénis :
J'ai commencé par vous, et par vous je finis.
"Quand l'éternel oubli recouvre tant de races,
Mon peuple dans mes vers aura-t-il quelques traces ?
Bretagne, ô vieilles mæurs, noble rusticité,
Ensemble harmonieux de force et de beauté!
*Ah! cette noce encore a des pompes plus hautes :
Avec le second jour viennent de nouveaux hôtes,
Sans robes d'écarlate et pourpoints de drap bleu,
Mais les membres du Christ et les hôtes de Dieu,
Les pauvres.—Plus de cent autour de l'aire à battre,
Maigre essaim d'affamés, étaient venus s'abattre :
Si triste tous les jours, si joyeux ce matin,
Qu'ils attendent leur part des bribes du festin;
Aussi les voilà tous, munis de leur écuelle ;
Mais les feux sont éteints; la noce, où donc est-elle ?
*La noce était au bourg, et priait pour ses morts,
Autour du treteau noir où l'on pose les corps ;
Puis, le service dit, on vit la foule entière
Chercher chacun sa robe aux coins du cimetière ;

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Et le sol fut couvert de parents à genoux
Occupés à prier pour ceux qui sont dessous,
Les conviant ainsi, dans leur couche profonde,
A se mêler un jour aux fêtes de ce monde.
A vous, pauvres ! à vous, enfin, estropiés !
Déposant leurs habits de deuil, les mariés,
Chacun heureux et fier de vous servir lui-même,
Viennent les bras chargés des mets que le

pauvre aime.'

Vol. i. pp. 288, 289. La Fleur d’Or abounds in beautiful pieces. There is one especially, which, for grace, naturalness, and elegance, is unsurpassed, and worthy Chénier, Lamartine, and Hugo. It is entitled A E., and begins thus :

'Le jour naît : dans les prés et sous les taillis verts
Allons, allons cueillir et des fleurs et des vers,

Tandis que la ville repose ;
La fleur ouvre au matin plus de pourpre et d'azur,
Et le vers, autre fleur, s'épanouit plus plur,

A l'aube humide qui l'arrose.
Que de fleurs ont passé qu'on n'a point su cueillir !
Sur sa tige oubliée, ah! ne laissons viellir

Aucune des fleurs de ce monde.
Allons cueillir des fleurs; par un charme idéal
Qu'avec l'encens des vers leur parfum matinal

Amoureusement se confonde.
Allons cueillir des vers ! sous la fleur du buisson
Entendez-vous l'oiseau qui chante sa chanson ?

Tout chante et fleurit, c'est l'aurore !
Je veux chanter aussi : blonde fille du ciel,
Ainsi de fleur en fleur va butinant son miel

L'abeille joyeuse et sonore.
* Cueillons des fleurs ! Et puis, heureux de mon fardeau,
Je reviendrai m'asseoir près du léger rideau

Qui voile encor ma bien-aimée,
Et du bruit de mes vers dissipant son som

ommeil,
Je ferai sur ses yeux et sur son front vermeil

Tomber une pluie embaumée.
Riante et mollement soulevée à demi,
Je veux que de mes fleurs sur son front endormi

Sa blanche main suive la trace ;
Et qu'en un doux silence admirant leurs couleurs,
Elle doute longtemps, qui, des vers ou des fleurs,

Ont plus de fraîcheur et de grâce.'—Vol. ii. pp. 23, 24. In the poem, or rather collection of poems, called Primel et Nola,' and now included in the Histoires Poétiques, the portrait of Monsieur Flammik, the rustic denizen of Brittany, qui veut faire le monsieur, and who apes the manners, language, and dress of the Parisian dandy, is cleverly drawn. We ourselves, in the course of our peregrinations in certain parts of Brittany, have occasionally come into contact with individuals of the

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Flammik type, and can testify to the correctness of the sketch :

• Voici Monsieur Flammik avec son air malois,
Il n'est plus paysan et n'est pas un bourgeois.
Sous ses habits nouveaux méprisant ses aïeux,
Au tondeur aux moutons il vendit ses cheveux.
Il revient de l'école, écoutez son jargon :
Ce n'est pas du Français, ce n'est plus du Breton.
Attablé le dimanche aux cabarets voisins,
Il se moque du diable, il se moque des saints.
Tel est monsieur Flammik, fils d'un bon campagnard;
Notre agneau blanc se change en un petit renard.
Voici monsieur Flammik avec son air matois,
Il n'est plus paysan et n'est pas un bourgeois.'

Vol. ii. pp. 242, 243. In La llarpe d'Armorique, the same Monsicur Flammik is very racily described in Breton verse.

In the recueil called Cycle, which also now forms part of the Histoires Poétiques, are found translations from different poets, ancient and modern. We will extract the version, or imitation rather, of the ' Sic vos non vobis.' It is good, but not equal to the original:

* J'ai fait des vers, un autre en cut tous les honneurs.
Vous pour un autre aussi portez sous les chaleurs,

Brebis, vos toisons blanches;
Vous pour un autre aussi posez, oiseaux chanteurs,

Votre nid sur les branches;
Vous pour un autre aussi, grands bæufs, de vos sueurs

Tertilisez les terres ;
Vous pour un autre aussi, pompez le suc des fleurs,

Vous, abeilles légères. - Vol. ii. p. 404. In the : Poétique Nouvelle,' à propos of the French capital, we find the following noble passage, though perhaps, the word justement, in the fifteenth line, should not be received without some qualification, as the sacred Name employed further on is certainly objectionable:

• Mais entends-tu gémir les tragiques douleurs ?
L'homme, hélas ! n'est jamais sans un sujet de pleurs.
Nous voici parvenus sur la place publique.
Dans un marais de sang ici la France antique
Disparut! Un roi saint, son épouse, sa sæur,
Un poëte au cæur d'or, généreux défenseur,
Et de saints magistrats, et des prêtres sublimes,
Des femmes, des vieillards, et cent mille victimes !
Une pierre a couvert le hideux échafaud,
Mais le

sang

fume encore, il bout, il parle haut.
O sombre tragédie! ô drame lamentable !
Que nous font désormais les héros de la Fable,
César même et Brutus, le stoïque assassin ?
Là mourait un tyran, ici mourut un saiut!
Toute une nation justement affranchie,
Soudain ivre de sang et folle d'anarchie,
A son brillant passé sans regret dit adieu,

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Répudiant ses meurs, ses grands hommes, son Dieu,
Ceux qui la conduisaient dans sa nouvelle voie,
De ses déchaînements les premiers sont la proie ;
Puis sous le couperet elle traîne en janvier
Celui

que tout martyr aurait droit d'envier:
Aux mains de trois bourreaux sur cette horrible place
On dépouille lc Christ devant la populace,
Le doux Capéticn, le fils de saint Louis,
Au front loyal et pur, orné de fleur de lis,
L'esprit haut, le cæur tendre appelé Louis Scize,
Client par qui vivront Malesherbe et de Sèze !
Mais l'hostie a changé l'échafaud en autel,
It l'âme en pardonnant s'éleva jusqu'au ciel.'

Vol. ii. pp. 115, 446. We shall conclude our extracts by giving the larger portion of the 'L'Elégie de la Bretagne,' the last piece published by Brizeux. The beginning, like the rest of the poem, has been much adinired, and deservedly so. It reminds one of Victor Hugo's splendid poem, 'Le Géant':

* Silencieux men-hirs, fantômes de la lande,

Avec crainte et respect dans l'ombre je vous vois !
Sur vous descend la nuit, la solitude est grande ;
Parlons, ô noirs granits, des choses d'autrefois.
Quels bras vous ont dressés à l'occident des Gaules ?
Géants, u’êtes-vous pas fils des anciens géants ?
Une mousse blanchâtre entoure vos épaules,
Pareille à des chevcux nés depuis des mille ans.
'Immobiles rêveurs, sur vos landes arides
Vous avez vu passer tous les hommes d’Arvor :
Dans leurs robes de lin les austères Druides,
Les brenn étincelants avec leurs colliers d'or.
Puis les rois et les dues sous leurs cottes de maillos,
Les ermites cachés à l'ombre des taillis,
Tous les saints de Léon, tous les saints de Cornouailles,
Et du pays de Vanne et des autres pays.
'De l'orgueilleux César à la Bonne Duchessc,
Sur les envahisseurs vous avez vu courir
Ceux dont la liberté fut la seule richesse,
Et qui, brisant leur joug, craient : Plutót mourir !
Jours anciens, jours sacrés! Alors, puissantes gardes,
S'éleraient de grands bois autour des grands châteaux;
Les salles résonnaient aux voix mâles des bardes,
Et la voûte des bois aux concerts des oiseaux.
* Les châteaux sont détruits et nue est la campagne,
Des chanteurs sans abri les accords ont cessé ;
L'ardent souffle s'éteint au cæur de la Bretagne,
Et partout l'intérêt jette un souffle glacé.
Sortez d'entre les morts, hommes des anciens âges!
Mettez en nous la force et les simples penchants !
Ah! plutôt que vieillis, conservez-nous sauvages,
Comme aux jours où les cæurs s'animaient à vos chants !

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Moi, je dévoue encore aux divines colères
Les profanateurs de cet âge insensé,
Avares destructeurs des chênes séculaires
Et des sombres granits, ces temoins du passé!'-

Vol. ii. pp. 283, 284.
This is grand, and, in more than one respect, highly poetical.
The poet then apostrophises the steam-engine, big with ruin
and desolation :

“Ah! le grand destructeur arrive! Sous la nue
Une lourde vapeur annonce sa venue:
C'est un dragon de fer, un monstre aveugle et sourd,
Sans ailes,-ce dragon ne vole pas, il court ;
Sur son chemin uni roulant comme une meule,
Il va, plein d'un brasier, qu'il vomit par sa gueule ;
Esclave obéissant, mais, dans un brusque ennui,
Brûlant les insensés qu'il emporte après lui.
O race des Bretons, vouée à la souffrance,
Nous n'avions pas de mot pour dire l'espérance ;
Le dernier de nos jours penche vers son déclin,
Voici le dragon rouge

annoncé

par

Merlin !
Il vient, il a franchi les marches de Bretagne,
Traversant le vallon, éventrant la montagne,
Passant fleuves, étangs, comme un simple ruisseau,
Plus rapide nageur que la couleuvre d'eau :
Il a ses sifflements! Parfois le monstre aveugle
Est le taureau voilé dans l'arène et qui beugle:
Quand s'apaise la mer, écoutez longuement

Venir sur le vent d’est le hideux beuglement.' The same ideas and apprehensions have been more prosaically put forth by other writers, but they seem to us scarcely called for. Certainly, as De Quincey says, “Father Time is become ' very importunate, and clamorously shrill, since he has been 'fitted up with that horrid railway-whistle;' but we doubt whether the poet's vaticinations will be realized for generations to come; at any rate, we predict that the men-hirs longtemps debout,' and the chênes séculaires,''ces témoins du passé,' will still remain for a long time undisturbed. In our opinion, the influences of railways and electric telegraphs, in changing the character of Brittany and of Bretons, have been greatly overrated; and ages will elapse before

Trade's unfeeling train Usurp the land, and dispossess the swain.' Of course more frequent and rapid means of communication, and the consequent greater facilities of commerce, and the new relations into which the inhabitants will be brought, will effect certain modifications in the habits and pursuits of some of the people; Flammiks will doubtless be on the increase; but we doubt whether extensive and radical changes will be produced in the moral features of Bretons any more than in the general physical aspect of the country. Breton character and habits

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