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marqués chacun par quelque victoire de la Foi, et dignes d'être célébrés par les cantiques éternels.

Méditez ces vérités faintes, mes Frères: le tems est court; il est irreparable; il est le prix de votre éternelle felicité; il ne vous est donné que pour vous en rendre dignes : inelurez là-dessus ce que vous en devez donner au monde, 'aux plaisirs , à la fortune, à votre salut. Mes Frères, dit l'Apôtre *), le tems est court, ufons donc du monde comme si nous n'en usions pas; possédons nos biens, nos places, nos dignités, nos titres, comme si' nous ne les possédions pas; jouissons de la faveur de nos maitres et de l'estime des hommes, comme fi nous n'en jouissions pas; ce n'est-là qu’u le ombre qui s'évanouit et nous échappe, et ne comptons de réel dans toute notre vie, que les momens que nous aurons employés pour le Ciel.

.) 1 Cor. 7. 39.

Daguerrea u. Benry François D'Aguerreau, Stangler von Frankreich, und Kommandeur der königlichen Orden, geb. fu Limoges, 1668; geft. 1751; ein Mann, der sich sowohl durch einen edeln, großen Charakter, und durch die gemiffenbafteste Bekleidung feiner Wars den, als durch seine gründlichen Rechtstenntnisse und Stärke in der politischen Beredsamkeit, in seinem Vaterlande und im Uusi lande unvergeblich gemacht hat. Mit einer lebhaften und fruchts baren Einbildungstraft verbaud er die reifften und gründlichten Cinsichten, einen fehr bellen und bebenden Verfand, innige Wars me für Mecht und Jugend, und die Gabe der einnehmendften und eindruckvollsten Beredfamkeit. Die Reden, welche er als Generats Prokurator hielt, find wahre Rufer in ihrer Art. Es giebt in ihnen Stellen vou der einfachen, unverkennbarften Stärke und Erhabenheit. Nicht minder schön find reine übrigen Vorträge, besonders die aber die Pflichten der Richter und obrigkeitlichen Persos nen. Aus diesen wähle ich die Rede zur Probe, welche die Erfodernisse des Geschäftsmannes schildert. Im erfen Bande von Cramer's Tordisdem Aufseher findet man die Verdienge feines Charats ters und seiner, auch ins Deutsche überfekten, Werte umgånds Weber Auseinander gelegt.

L'HOM:

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L'HOMME PUBLIC. Le repos dont nous venons de jouir dans ces jours pré sieux de retraite et de silence, n'est pas seulement commandé par la religion, il doit encore être consacré à la justice. "Compagne inséparable de la piété du magistrat, plus elle le dispense d'exercer les fonctions extérieures de la magistrature, plus elle exige de lui le culte intérieur de son esprit; et elle ne lui permet de celler de juger les autres hommes que pour lui laisser le loisir de se juger lui - aneme,

C'est donc pour entrer dans l'ordre des desseins de la justice, que nous venons aujourd'hui demander coinpte au magistrat de l'usage qu'il a fait d'un loisir fi necessaire. Oubliant pour un moment notre propre foiblesle, nous ne sommes occupés que de la saintété de la loi, au nom de laquelle nous avons l'honneur de vous parler. C'est elle qui remet entre nos mains

cette balance rigoureuse, et le poids du santuaire, au. - près duquel la vertu qui paroit la plus folide, eft louvent trouvée légere et defectueuse.

Animés de son esprit, c'est à la vertu, c'est à l'innocence même que nous adressons aujourd'hui nos paroles; heureux de pouvoir dire avec vérité, que de quelque côté que nous jettions les yeux sur cet auguste Senat, le vice n'y attire point nos regards! Nous n'y trouvons point de ces ministres infideles qui violent la justice jusques sur les autels, et qui la trahissent dans le lieu mèine où ils font établis pour la défendre.

Mais n'y voyons-nous point de ces ferviteurs inuti. les, qui s'arrêtant à la premiere partie de la sagesse fe faltent d'être pleinement vertueux, parcequ'ils sont exempts de vice, et croyent accomplir toute justice, parcequ'ils évitent toute iniquité?

Que ce soient là, fi l'on ven., les bornes du mérite de ceux qui se renferment dar:3 le cercle étroit d'une vie privée. Contents de leur innocence, cachés dans le sein d'une douce et vertueuse obscurité, qu'ils jouilsent en secret du temoignage de leur conscience; inconnus à leurs concitoyens, et ne se souciant pas de les connoitre; nés pour eux mêmes plutôt, que pour leur

patrie,

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patrie, on ignore également leur naissance et leur mort, et toute l'histoire de leur vie le ręduit à dire qu'ils ont vecû,

A Dieu ne plaise que le magistrat fe cantente de cette vertu stérile, qui se recueillant toute entiere au dedans d'elle-même, et trop avare d'un bien qui ne lui est donné que pour le répandre, veut gouter seule tout le fruit de les travaux.

L'homme public n'a rien qui n'appartient à la République. Vertueux pour les autres, autant que pour lui-même, qu'il ne pretende point s'acquitter de ce qu'il doit à la patrie, en lui offrant le tribut de fon innocence; il ne paye par là que ce qu'il se doit à lui-même, mais il demeure toujours débiteur de la République; et elle lui demandera compte, non seulement du mal qu'il aura comunis, mais mème du bien qu'il n'aura pas fait,

Qu'il ne le contente donc pas de venir tous les jours, plus par l'habitude que par l'inclination, dans le temple de la justice; et qu'il ne croye pas avoir rein. pli tous les devoirs, lorsqu'il pourra fe fatter d'en avoir rapporté tante son innocence,

Ministre, et fi nous l'osons dire avec les loix mê. mes, prêtre de la justice, qu'il y vienne avec un zelo toujours nouveau d'étendre son culte, et d'affermir son empire.

Plein de ses sentiments, et dévoré d'une soif ardente du bien public, on ne le verra point plus sensible a les propres interèts qu'à ceux de la justice, négliger ces occupations plus honorables qu'utiles, où le magistrat a la gloire de rendre un service gratuit à la patrie; les regarder avec indifference, et peut-être avec dégout, comme le partage des jeunes magistrats; et renversant l'ordre naturel des choses, préférer les affaires ou son travail peut recevoir une légère et inégale récompense, à ses fonctions fi precieuses à l'homme de hien, ou l'amour désinterelle de la justice, n'a point d'autre recompense que la justice mème,

Arbitre fouverain de la vie et de la mort, que l'habitude la plus longue ne diminue jaipais l'impres

Gon

O

fion, qu'une fonction fa redoutable doit faire sur fon esprit ; qu'il n'en approche qu'avec tremblement; et conservant cette louable timidité jusqu'à la fin de ses jours, que le spectacle d'un accusé, dont il tient la destinée entre les mains, lui paroille toujours auli nouveau et aufli effrayant que lorsqu'il a vu pour la premiere fois.

C'est alors, que se tenant également en garde et contre l'excés d'une rigueur inhumaine, et contre une compasfion souvent encore plus cruelle; et tout occupé d'un jugement dans lequel il peut devenir aussi coupable que celui qui va juger; il recueillera toutes les forces de son ame, et s'affermira dans ce rigide ministere par la seule considération de l'utilité publique.

Dépositaire du falut du peuple, if croira voir toun jours devant les yeux la patrie effrayée de l'impunite* des crimes , lui demander compte du sang de tant d'in. nocents, auxquels la conservation d'un seul coupable aura peut-être été fatale. Il sentira combien il est important que le premier tribunal donne à tous les autres juges qui se forment fur fon esprit, l'utile, le necessaire exemple d'une rigueur salutaire, et que faifant descendre, comme par dégrés, jusqu'aux tribunaux les plus inférieurs, le même zèle dont il est animé, il rallume, il ressuscite leur ferveur presque éteinte, et répande dans toutes les parties du corps de la justice, ce feu 'toujours vivant, et cette ardeur toujours agilfante, sans laquelle la cause du public est souvent la premiere abandonnée.

Mais fon zèle croiroit fe renfermer dans les bornes trop étroites, s'il ne le faisoit paroître que dans les occasions où le public a un intérét fi sensible et fi éclatant.

Ingénieux à chercher à dénièler ce même intérêt dans les causes les moins publiques, il n'attendra pas que les cris de la veuve et de l'orphelin. viennent trou. bler son repos, pour implorer le secours de la justice contre l'oppression du riche et du puillant. Son coeur entendra la voix sourde de leur misere avant que ses oreilles soient frappées du bruit de leurs plaintes, et il

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no s'estimera jainais plus heureux, que lorsqu'il pourra jouir de la satisfaction d'avoir rendu justice à ceux mê mes qui n'étoient pas en état de la lui demander,

Il se hatera de s'instruire de bonne heure des af faires dont il doit instruire les autres juges, et par cette Préparation" anticipée il sera tonjonrs armée contre la profonde malice de cette chicane artificieuse qui se vante de dispoler au moins du tems eles jugements, do les avancer, ou les retarder à fongré, de fatiguer le bon droit, de le faire succomber par laffitude, et de rendre quelquefois la mauvaile cause victorieuse par la fatale longueur d'une resistance opimàrre,

Quel sujet peut jamais exciter plus dignement l'at tention et la vigilance de l'homme public? Qu'il s'applique donc tous les jours à couper cette bydre de pro. *cedures qui renait tous les jours ; qu'après avoir exercé sa justice sur les plaideurs, il l'exerce encore plus sur ces defenseurs avides et intérelles qui les oppriment souvent, sous pretexte de les défendre, et dont la dangereuse in dustrie cherche à se dédommager de la diminution des affaires, en donnant à un fond stérile une malheureuse fécondité qui acheve d'epuiser le dernier luc et la derpiere chaleur de la terre.

Que tous les ininistres inferienres de la justice fçachent que le magiftrat a les yeux toujours ouverts sur leur conduite; que peu content de réformer les ju. gemens qui se rendent dans les tribunaux fubalternes, il s'applique encore plus à réformer les juges qui les rendent, et que pour faire dignement une réforine di salutaire, il la cainmence toujours par lui même,

Enfin que ce zèle qui anime les fonctions éclatantes de la vie publique, le suive jusques dans l'obscurité de la vie privée; et que dans les tems où il ne peut sex vir la patrie par ses jugements, il la serve peut-être aussi utilement par les exemples.

Que l'amour et le respect qu'il y conserve toujours pour la saintéió de la profession, inltruise et confonde cea magistrats qni, rougissant de leur état, voudroient pouvoir le cacher aux autres hommes, et qui font conGfter une partie de leur bonheur à oublier leur dizrule.

Que

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