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travaux, de tant de mémorables actions, l'héritage de tant de Princes, de tant de Rois, les dépouilles de qua. torze cens ans de grandeur et de vertu, seront le partage ou la proie d'un vil enfant de la terre ? Un homme, je ne dis point un parent, mais un homme peut - il concevoir ces choses sans concevoir à même tems une juste indi. gnation contre l'ouvriére d'un mensonge fi monstrueux? Tancréde n'est pas, je l'avouë, le seul imposteur qui ait paru dans le monde. On trouve de ces faufletez fameuses dans les Annales de tous les Siécles. L'ava. rice, l'ambition et la haine n'étoient autrefois ni moins ingenieuses, ni moins hardies, qu'elles peuvent l'être en nos jours. Mais qui le croira, qu'une mére, que la veuve d'un Personnage de fi grand nom, sans autre dessein que de perdre sa propre fille, ait pû, ait ose se Tuppofer malheureusement un fils? Hé, quel fils, bon Dieu! Un chetif garçon de boutique, et peut - être le fruit infame du libertinage ou de la débauche de quelque valet. Non, fans doute, il ne s'est point veu de exemple d'un emportement si odieux, fi dénaturé, et qui choque fi indignement toutes les Loix,

Aufli, Messieurs, vous voyez comme elle fuit, et que son crime l'épouvante, ou lui fait honte. Elle a bien pû jusques ici s'entretenir de fon Roman dans les ruelles, et parmi les vains applaudissemens de ses flatteurs, ou de ses complices; mais maintenant elle recon. noît, combien il est difficile de défendre une folle fable, un ouvrage de tenebres, à la face de sant de juges fi intelligens, fi fages, si éclairés. Ne cherchons point d' autres causes de fa fuite; en voilà, Messieurs, la veritable raison. Madame la Douairiére de Rohan a beau feindre, et se former des fantômes; elle a beau, pour fe couvrir, mettre en oeuvre tout ce qu'un Conseil rafiné, tout ce qu'une longue expérience de la Cour a pân lui aprendre de fubtilités et d'artifices: on voit à travers toutes ces faufles couleurs, on voit, dis-je, que fa conscience seule lui ferme la bouche. Elle commence, Messieurs, elle commence à ressentir ces remords cui fans, ces fecrétes confufions, qu'on ne peut ni cacher, ni vaincre, A la bonne heure, c'est pour le moins une marque que son coeur n'est pas encore tout de pierre, et qu'en effet ce qui paroit mort, n'est peut-être qu'

endor.

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endormi. Peut-être que nous la verrons un jour ren. trer d'elle-même dans les voyes de la nature, et reprendre ces tendresses, ces aifections autrefois fi violentes, et qu'un zele ou’un dépit confidere, ce semble, comme étoufées, Peut-être la verrons - nous quelque jour rompre de ses propres mains la trame qu'elle a ourdie, et renoncer tout publiquement à cette idole d' iniquité, qu'elle s'est faite en la colére.

Un changement fi heureux, sera, s'il arrive, un Coup du Ciel bien favorable. Mais aujourd'hui que Madame la Duchesse de Rohan, que son pere, que ses augustes Ancêtres font menacés d'un outrage fi cruel; Monsieur le Duc de Sully, tous ces Prélats, Princes ou Seigneurs, pour qui je parle n'ignorent pas qu’un opprobre fi fcandaleux les Herrit, et retombe sur leur tête. ' Ils favent ce qu'ils se doivent à eux-mêmes, ce qu'ils doivent aux vivans, et aux morts; mais ils pensent tous devoir plus encore à la rerité, qu'à eux-mêmes, et qu'au vivants ou au morts. Oui Messieurs, c'est la verité principalement, c'est cette divine fille du Ciel, qui les amene en cette Audience. Vous êtes les Dieux de la terre; rien ne fauroit fe cacher à votre vue. Ils ont cru pourtant que

dans une cause dont les parens font comme les premiers Juges, leur témoignage ne feroit pas inutile. Ils font donc, Messieurs, tous ici, pour vous déclarer, pour le déclarer à toute la France, ou plutôt à toute l'Europe, que Tancréde et toutes ses avantures fabuleuses leur font inconnuës ; que jamais feu Monsieur le Duc de Rohan, que jamais Madame la Douairiére elle-même ne leur en a dit un seul mot ni de bouche ni par écrit ; et que ce fantôme, qu'on met aujourd'hui sur la scene, n'est qu'un fruit honteux d'un aveuglement déplorable.

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Bourd aloue. p. Louis Bourdaloue , 'ein Jesuit, geb. zu Bourges, 16321 geft . 1704. Man siellt ihn gemdhnlich an die Spiße der

geistlichen Hedner Frankreichs, als Mufter einer ftarken und eindruckvolen Beredsamkeit. Und in der That besaß er die Seunft im vorzüglis chen Grade, reinem Vortrage Ordnung und befiimmten Zusams meuhang, feinen Gründen eine vortheilhafte Stellung, seinen Gebanten Feuer und Lebhaftigkeit, und seinem Ausdrucke hinreis zu gieng

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überzeugen, als zu rühren; und bei allen Werdienfte seines Bor trags, wird docs die schematische Zergliederung desselben, und Die häufige Unführung der Stirchenvåter, leicht berichmerlich. Vols taire wùnichte mit Recht, daß dieser Redner, der der schlechten Geschmack von der Staujel verbannte, aud die Genohnbeit, über einen Tert zu predigen, möchte abgebracht haben. Aber er behielt fie bei, und fast dngflicher, als irgend einer seiner berühmien Nachfolger. Ihm wurde ein Cert eine Art von Motto, oder pielmehr son N&threl, das in der Vredigt allmShlich seine Auflå. fung erhielt. Die folgende Probe ist aus seiner Predigt über das jungic Sericht.

S'il n'y avoit point de jugement à craindre, ou fi l'idée de ce Jugement pouvoit ètre effacée de mon esprit, en sorte qu'il n'en reltat nulle vue, nul souvenir, nulle créance; dans quelque aveuglement que ma conscience se fut plongée, il me seroit aisé d'y trouver la tranquilité et la paix : quelques grossieres que fuflent mes erreurs,

bien loin de troubler mon repos, elles l'afferiniroient. Ne pensant jamais qu'il y a un Juge au dessus de inoi et un tribunal où je dois repondre, je vivrois sans inquiétude; et le dernier de mes soins seroit de m'éclaircir, et de m'instruire fi ma conscience est droite ou non; li je suis dans la bonne voye, ou li je n'y suis pas, li je me flatte, fi je me trompe, li je m'égare: parce que je ne verrois pas le danger que l'on court en se fattant, en se trompant, en s'égarant. Voilà la situation où je ferois. D'où vient donc qu'il n'en va pas ainsi? d'où vient que cette fausse conscience ne peut-être calme, et qu'elle est au contraire une lource de remords que nous combattons inutilement, et que nous ne pouvons étouffer? D'où vient qu' à travers les nüages épaix de l'interèt ou de la pallion qui la forment, il s'échappe toujours certains rayons de lumiere, qui malgré nous, nous font entrevoir ce que nous voudrions ignorer? En un mot, d'où vient que la conscience aveugle et corrompuë ne l'emporte jamais tellement sur la faine conscience, que celle-ci, quoique d'une voix faible, ne réclame en: çore contre le inal que nous faisons, et qu'au moins par des doutes affligeants et par des syndereses importunles, elle n'empêche la prescription de l'erreur qui nous fait agir? Pourquoi tout cela, Chrétiens ? parce

que

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que nous ne sentons que trop qu'il y a un jugement de Del, où les tenebres de nos consciences doivent être dilli ees et nos erreurs confonduës.

C'est pour cela même, dit Saint Gregoire Pape, belle et solide remarque, c'est pour cela, que plus le jugement de Dieu est proche, plus la fausse conscience devient chancelante et timide dans son erreur. Pen. dant le cours de la vie, elle peut se soutenir en quelque maniere; et plus elle est fausse, plus elle paroit ferme et paisible. Mais aux approches de la mort, toute la fermeté se dement, la verité reprend l'ascendant sur elle, et c'est là qu'elle commence à se reveil. ler, à s'examiner, 'à se defer d'elle-même, et à s'agi. ter, Ainsi, par exemple, tandis que vous êtes encore dans une santé Aprillante, vous jouissez tranquillement du bien d'autrui et vous le retenez sans scrupule; vous avez pour cela vos raisons dont vous êtes convaincu, ou dont vous croyez l'ètre; vous avez consulté des gens ha.

biles ou prétendus tels, et vous vous en reposez sur eux; e malgré l'injustice vous comptez sur votre bonne foi, vous

demeurez en paix, ainsi, dis-je, le prélume-t-on, tandis qu'on ne pense qu'à gouter les douceurs de la vie, et que l'aiguillon de la mort ne se fait pas encore sentir; car jusques - la quelquefois s'étend le regne de la fausse con

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science. Mais qu' il survienne une maladie dangereuse et qu'on se trouve presse des douleurs de la mort, c'est alors que cette conscience tout à coup se déconcerte; c'est alors qu'elle tombe dans les incertitudes et les per plexitez les plus cruelles: c'est alors que ces raisons sur quoi l'on s'appuyoit, ne paroissent plus fi convainçantes; que les conseils qu'on a suivis, deviennent suspects; que cette bonne foi dont on se Hattoit, femble daạiteule; qu'on ne trouve plus, cette possession li legitime et fi valide, et qu'on prend bien d'autres idees touchant le devoir rigoureux et indispensable de la restitution: pourquoi? parceque le jugement de Dieu qui n'est pas loin, change tout le Systeme des choses et les met dans une évidence où elles n'ont jamais éié. Si c'étoit une conscience droite et conforme à la loi de Dien, elle le soutiendroit à la vuë même du jugement de Dien; ou s'il n'y avoit point de jugement, quoique faulle et erronée, elle seroit tranquille à la mort même,

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Mais ce qui l'effraye à cette derniere heure, c'est fa fanlleté opposée à la verité de ce Jugement redoutable dont la mort doit être fuivie. Ce qui l'effraye, c'est la presence d'un Juge souverain de qui seul dépend, ou tout notre bonheur ou tout notre malheur; á qui seul nous devons tous, rendre compte, mais qui ne rends compte à nul autre qu'à lui-inême de les arrêts: d'un Juge équitable qui péle tout dans la plus juste balance, et qui punit précisement, ou qui recompense selon les oeuvres: d’un Juge éclairée, qui lit dans le fonds des coeurs pour en connoître les plus secrets sentimens, qui voit tout et qui n'oublie rien, qui tient tout marqué dans fon souvenir avec des caracteres ineffaçables; par consequent à qui rien n'échappe, pas une pensée, pas un desir, pas une parole, pas une oeillade, pas un geste, pas un mouvement: d’un Juge tout-puissant, qui bien au dessus des Juges de la terre, lesquels n'exercent leur justice que sur le corps, peut avec le corps perdre l'ame, et la perdre pour jamais: d'un Juge in. Rexible, que rien ne touche, ni inclination, ni compassion, ni égard, ni consideration, ni crainte, ni esperance: voilà ce que le plus aveugle et le plus endurci pecheur ne peut voir de près avec allurance; voilà ce qui le surprend, ce qui l' interdit, ce qui le confond.

Concluons par l'excellente reflexion de Saint Bernard, qui renferme tout le fruit de ce discours. De trois Jugeinens que nous avons à subir, celui du monde, celui de nos consciences, et celui de Dieu, faint Paul méprisoit le premier, il se repondoit du second, Inais il redoutoit le troisiéme. ll méprisoit le premier, quand il disoit: pen m'importe que le monde me juge Il fe repondoit du second, quand il ajoutoit: ma confcience ne me réproche rien. Et il redoutoit le troifiéine, quand tout Apôtre qu'il étoit, il craignoit d'être reprouvé. · Exierat Paulus judicium mundi quod aspernabatur, judicium sui quo gloriabatur; sed restabat judicium Dei quod reverebatur. Or quoiqu'il en soit à notre égard et du jugement du monde et du jugement de notre conscience, craignons au moins, mes chers Auditeurs, et craignons toujours le jugement de Dieu. Et parce que cette crainte est un don de Dieu, demandons la tous les jours à Dieu, Car il n'est rien

de

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