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Homère, Od. 1, 163.

Ου γαρ από δρυός εσσι παλαιφάτου, ουδ' από πέτρας. Virg. En. iv, 366 suiv.

sub duris genuit te cautibus horrens. Caucasus hyrcanique admorunt ubera tigres. Horace, Od. I,

Nli robur et æs triplex circa pectus erat , etc. Voyez une savante note de M. Boissonade sur Nicetas Eugénianus I, 342. Le docte professeur y cite ces vers de Molière, dans le Dépit Amoureux , acte III, Scène IX : On sait

que

la chair est fragile quelquefois , Et qu'une fille enfin n'est ni caillou ni bois. On pourra consulter aussi le commentaire du nouvel éditeur de Théodore Prodrome, Amours de Rhodante et Dosiclės , livre VIII, vers 95, et les notes du traducteur d'Eumathe , Aventures de Hysminé et Hysminias , page 292.

(35) Narrabo nunc tibi jocosam sympathiam reguli vasconis equitis. Is dum viveret, audito phormingis sono, urinam illico facere cogebatur. Scaliger. Exot. Exercit.

* (36) Swollen bagpipe. Douce s'élève contre cette version. Au lieu de Swollen, il préfère woollen, de laine , s'appuyant sur ce que la cornemuse écossaise était ordinairement enfermée dans un sac de drap de couleur verte.

* (37) Whet not thy knife. Shakspeare a pu emprunter cette expression à la ballade de Gernutus, dont nous donnons ici la traduction.

Dans Venise, s'il faut en croire certains conteurs italiens, vivait jadis un juif impitoyable qui faisait métier d'usurier. Il avait nom Gernutus : jamais la crainte de la mort ne s'offrit à sa pensée ; jamais il nc-tendit une main secourable au pauvre qu'il rencontra dans la rue.

Tel le sanglier sauvage qui, vécut-il un siècle, ne devient utile qu'après sa mort.

Ou tel encore , le fumier entassé , qui ne produit d'heureux effets qu'après que la main du laboureur l'a répandu sur ses champs.

Tel aussi est l'usurier : il ne saurait dormir en repos; la crainte des voleurs le tourmente sans cesse et l'arrache au sommeil.

L'esprit toujoūrs enclin au mal, il ne songe qu'aux moyens de tromper les malheureux ; et quoiqu'il ait les mains pleines , son avidité n'est pas encore satisfaite.

Sa femme vous prétera un schelling à condition que vous lui paierez

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deux sous par semaine , et que vous lui donnerez un nantissement de deux fois la valeur de la somme prêtée.

Soyez cxact à rembourser au jour dit, ou sans quoi, adieu le nantissement. C'était ainsi que sa femme pourvoyait à son entrelien ; c'est ce qu'elle appelait sa vache å lait.

Dans la même ville , vivait aussi un marchand de bonne renommée, qui, se trouvant dans le besoin, eut recours à Gernutus.

Il pria l'usurier de lui préter cent écus pour un an et un jour, s'engageant à lui payer l'intérêt qu'il demanderait, et å lui donner les garanties qu'il voudrait. Non, dit le juif en jetant un regard faux.

Non, vous ne me donnerez pas un sou d'intérêt pour la somme que vous me demandez : qui sait? peut-etre pourrez-vous me rendre le même service avant que je ne meure.

Mais il me vient en tête une idée plaisante dont il será, ma foi, parlé long-temps. Vous allez me souscrire un bon engagement par lequel, en cas de non remboursement, vous vous obligerez å me donner une livre de votre chair. Si la proposition vous convient, signez-moi le billet, et voilà votre argent.

Avec plaisir, dit le marchand; et le billet fut souscrit. Lorsque le terme du remboursement arriva, les vaisseaux de l'emprunteur étaient en mer, et ses coffres étaient vides; alors il se mit à réfléchir sur le parti qu'il avait à prendre.

Il se rend chez Gernutus ; et là, tombant à genoux et le chapeau à la main, il lui dit : Oh ! je vous en prie , soyez généreux envers moi.

Le jour du remboursement est arrivé, et je suis sans argent. Exiger la peine stipulée, ce serait, en vérité, un bien maigre profit.

De tout mon cæur, répondit Gernutus; soyez assuré que dans toutes les circonstances vous me trouverez toujours disposé à vous obliger.

Le marchand se retira satisfait : mais le terme passé, Gernulus n'oublie pas de se procurer un sergent qui arrète le débiteur et le conduit en prison. Il poursuit en même temps devant le tribunal, l'exécution du billet.

Lorsqu'arriva le jour où le jugement devait être prononcé, les amis du marchand se rendirent à la cour , les larmes aux yeux , n'ayant pu trouver aucun moyen de le soustraire à la mort qui l'attendait, quelques-uns d'eux offrirent au juif cinq cents écus en paiement des cent qui lui étaient dus ; d'autres , deux et même trois mille; mais il refusa.

A la fin, ils offrirent dix mille écus pour racheter le marchand; mais Gernutus répondit : Je ne veux pas de votre or ; je réclame la peine tipulée.

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J'ai droit à une livre de chair : je veux avoir une livre de chair. Alors, mon ami, dit le juge, coupez la livre de chair, mais de manière à ne pas causer la mort. Faites-le, et je vous donnerai sar-le-chainp cent écus.

Non, non, mille fois non, dit le juif , je demande jugement : je ne veux rien écouter , et je couperai la livre de chair au-dessous de son sein droit.

Sa cruauté affligea tous les assistants : ni prières, ni serments ne purent rien sur son cour; et le malheureux marchand dut se préparer à mourir.

Le juif sanguinaire, un couteau tranchant à la main, se disposait å répandre le sang innocent, comme son billet lui en donnait le droit.

Mais au moment où il allait frapper le coup mortel : Arrête , dit le juge, suspends ta rage, je te l'ordonne.

Tu auras la livre de chair que t'accorde ton billet; mais en la coupant, aie soin de ne pas répandre une seule goutte de sang, ni de causer la mort de cet homme, sans quoi tu seras pendu comme un meurtrier.

Fais attention aussi de ne couper que juste la livre de chair qui t'appartient, car si lu en coupes plus ou moins, ne fût-ce que la vingtième partie d'un grain, tu périras sur-le-champ, ainsi que l'ordonne la loi.

Gernutus, tout tremblant et ne sachant que répondre, dit après un moment de réflexion : Hé bien ? alors, qu'on me paie les dix mille écus. A cette condition, je le tiens quitte.

Tu n'auras vien autre chose que ce que t'accorde ton billet, lui répondit le juge.

A la fin, le juif dit qu'il se contenterait de son principal. Non, répondit le juge, fais comme il te plaira; déchire ton billet, ou prends la livre de chair.

Maudit sois-tu, juge in flexible, qui es contre moi, s'écria Gernutus ! Et là-dessus, il se retira honteux et plein de rage.

(38) Voyez la note 34. On peut rapprocher de ce passage les vers suivants de la deuxième partie du roi Henri IV:

Thou hid'st a thousand daggers in thy thoughts

Which thou hast whetted on thy stony heart. Du reste, il y a ici dans l'original un jeu de mots portant sur soul (åme) et soal (soulier), qui se prononcent presque de la même nianière.

* Les belles maximes de l'éloge de la clémence (p. 579) ont quelque l'essemblance au discours adressé par Melvil å Marie Stuart : « Quoique les princes soient appelés divins, cependant, celui-là seul peut prétendre à ce beau titre qui approche le plus de la nature de Dieu, par sa clémence et la bonté de son gouvernement, toujours lent à punir , et prêt à pardonner, »

(39) C'est-à-dire tu aurais eu douze jurés pour te condamner. Ce n'est plus un Vénitien qui parle , c'est un Anglais.

(40) On sait qu'il existe sous le titre de Troïlus , une tragédie dont Shakspeare a emprunté le sujet , non pas aux auteurs de l'antiquité, mais å un poème latin du moyen-åge, composé par un certain Lollius, qui était lombard , suivant les uns, et d’Urbino, suivant les autres. Ce poème avait probablement servi de base à l'Histoire de Troie , écrite en latin par Guido de Columpna, et que traduisirent en anglais, Caxton, John Lygdate, en 1513, sous le titre de Troye Book. Ce dernier ouvrage a pu fournir à Shakspeare quelques éléments de son travail.

(41). ? Venit ecce recenti

Cæde leænaboum spumantes oblita rictus,
Depositura sitim vicini fontis in unda.
Quam procul ad lunæ radios Babylonia Thisbe
Vidit, et obscurum trepido pede fugit in antrum.

Ovid. Metam. IV, 96.

(42) Les circonstances de cette allusion n'ont d'autre autorité que l'imagination de Shakspeare. Du moins rien de tel dans Virgile et dans Ovide.

* (43) Out-night. Encore une création shakspearienne : un des plus grands avantages de la poésie anglaise c'est, comme la poésie grecque, de créer des mots composés ; en voici quelques exemples :

The world-reviving sun;
Le soleil revivifiant le monde.
The rosy-finger'd Aurora,
L'aurore aux doigts de rose.
The dewy-footed eve,
Le soir aux pieds de rosée.
Nature's secret-working hand,
La main de la nature travaillant en secret.

Quel charme dans cette expression de Pope !

The heavenly-pensive meditation,
La méditation célestement pensive.

C'est surtout Thomson qui s'en sert pour peindre les moindres nuances dans ses admirables descriptions.

The white impurpled show'r,
L'onde blanchement empourprée.
The hollow-whispering breeze,

Le vent frais sourdement chuchottant.
Comment rendre la beauté de cette expression!

Side-long looks of love,
Les regards furtifs de l'amour.
Love-dejected eyes,
Des yeux abattus d'amour.
Pale-quivering lips,

Des lèvres pâlement tremblantes.
Quelle énergique concision dans ces mots!

Tempest-beaten life,
La vie battue par des tempêtes.
Eagle-winged fancy,
L'imagination aux ailes d'aigle.
Slow-pac'd remorse,
Le remords aux pas lents.
Life-refining soul,

L’ame qui raffine, qui épure la vie. Ces doubles adjectifs qui prétent tant de vigueur et de charmes à la poésie anglaise, font le désespoir du traducteur français.

*(44) Les pièces de Shakspeare sont remplies d'allusions aux coutumes et aux fêtes champêtres de son temps. C'est ainsi que Lorenzo dit aux musiciens de charmer les oreilles de sa maitresse, par les plus doux accords, et de la conduire dans sa demeure aus sons de la musique. Le Souper de l'Automne était un usage aussi singulier que remarquable des xvie et xvne siècles : une joie cordiale et franche présidait à ces réunions d'où la gêne était bannie. Les domestiques et les maitres, assis à la même table, oubliaient dans une égalité momentanée toute distinction sociale : ces fêtes se prolongeaient quelquefois pendant toute la moisson. Les villageois, surmontaient d'un bouquet la dernière charrette de blé, et retournaient chez eux, portant une image représentant Cérès, autour de laquelle les hommes et les femmes, précédés d'un tambour, chantaient et dansaient en rond. A la fin de la moisson, on récompensait les jeunes gens des deux sexes , qui s'étaient rendus le plus utiles, et on les reconduisait chez eux au son des fanfares et de la musique.

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