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cette leçon, il faut faire naître ces talens qui coûtent à acquérir; et comment y parviendrez-vous sans l'émulation, qui n'est autre chose que l'a-' mour-propre bien entendu? Il y a eu dans l'antiquité un petit peuple (les Méthymnéens, je crois), si sottement jaloux, qu’une de ses lois portait : Si quelqu'un veut exceller parmi nous, qu'il aille exceller ailleurs. Mais aussi l'on ne connaît ce peuple que par ce ridicule excès de sottise et d'envie.

Remarquez que ces prétendus philosophes, qui déclament ainsi contre l'amour-propre, ne peuvent pas être mus par l'amour du vrai et du bon, puisque leur doctrine y est évidemment oppo ée par ses conséquences, et qu'il en résulte que, voulant paraître au-dessus de l'amour-propre, ils en affichent un, le plus mal entendu de tous, celui de se distinguer par la singularité des paradoxes : ce qui est toujours si facile en comptant pour rien le bon sens.

Je compte pour beaucoup assurément, et je mets avant tout les qualités morales; aussi voudrais-je, aux autres prix qu'on distribue dans les écoles, en ajouter un nouveau, celui de sagesse. Il serait donné avant tous les autres, dans chaque maison seulement (ce n'est que là que l'on peut se comparer), et ce seraient les écoliers euxmêmes qui, en donnant leur suffrage par écrit, le décerneraient à celui de leurs camarades qui,

pendant le cours de l'année, leur aurait paru le plus docile à ses maîtres, et le meilleur, sous tous les rapports, envers ses condisciples. Je serais bien étonné s'il arrivait qu'ils se trompassent, et que l'avis du maître ne fût pas d'accord avec le leur; mais, dans tous les cas, il faudrait s'en tenii à ce dernier.

Ce prix, qui aurait, je crois, de très-bons effets, n'aurait plus lieu dans la grande classe d'éloquence française. Ils doivent tous, à l'âge de seize à dix-sept ans, être censés assez sages, relativement aux classes précédentes, pour n'avoir pas besoin d'un prix de sagesse.

Je pourrais m'étendre sur les détails, mais il me sussit d'avoir posé, autant qu'il est en moi, les principes généraux sur lesquels je pense qu'on doit régler l'éducation publique, et c'est de ce grand ouvrage que tout bon citoyen doit dire :

me

Hoc opus, hoc studium parvi properemus et ampli,
Si patriæ volumus, si nobis vivere cari.

. (HOR.):

FIN.

i Pages. Pour l'histoire de la Philosophie du dix

huitième siècle. .............. 356 Extrait d'un Plan sommaire d'Education publique, et d'un nouveau cours d'études , publié en janvier 1791, dans le Mercure de France. .........onc.ii..... 360

FIN DE LA TABLE.

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